Une maison autonome doit comporter un ensemble d’installations performantes afin d’assurer les fonctions de bases telles que l’approvisionnement en électricité et en eau ou le chauffage de l’habitat.
La production d’électricité dans une maison autonome
Évidemment, l’énergie solaire et le panneau photovoltaïque sont des candidats tout trouvés pour remplir cette mission.
Les panneaux solaires photovoltaïques captent la lumière du soleil pour la transformer en électricité. Une fois posés, ils pourront fournir l’électricité nécessaire au fonctionnement des appareils électriques ou à l’éclairage.
Vous avez alors la possibilité de consommer cette énergie en totalité ou de la revendre (en intégralité ou partiellement). La majorité des foyers choisissent de consommer l’électricité produite par leur module solaire : c’est l’autoconsommation.
Autoconsommation et autonomie
Attention, autoconsommation ne veut pas forcément dire autonomie énergétique. Il vous faudra impérativement investir dans des produits complémentaires comme la batterie solaire domestique ou virtuelle, pour stocker votre production et ainsi satisfaire l’ensemble de vos besoins en électricité.
La batterie domestique est, malgré tout, réservée aux maisons en site isolé. En effet, du fait de son prix élevé, elle peut considérablement peser sur la durée du retour sur investissement de votre projet.
La différence avec une installation solaire photovoltaïque raccordée au réseau est néanmoins importante. Dans le cas d’une habitation autonome, l’installateur photovoltaïque devra dimensionner les panneaux afin de couvrir la totalité des besoins énergétiques contrairement à une installation en autoconsommation partielle. Il faudra également se munir d’une ou plusieurs batteries de stockage pour conserver les kWh en surplus. Voici un comparatif :
| Panneaux raccordés au réseau | Panneaux non raccordés au réseau | |
|---|---|---|
| Aides
financières |
– Prime à l’autoconsommation
– Tarifs de rachat – TVA taux réduit |
Non éligible |
| Types de
consommations |
– Autoconsommation totale
– Autoconsommation avec vente du surplus – Vente totale |
Autoconsommation totale |
| Dépenses additionnelles
obligatoires |
Onduleur (tous les 10 ans environ) | – Onduleur (tous les 10 ans environ)
– Batterie solaire (tous les 10 ans) et régulateur |
Autrement dit, une installation solaire pour maison autonome sera beaucoup plus onéreuse qu’une installation raccordée au réseau électrique. D’autant plus que les installations solaires non raccordées ne peuvent pas bénéficier de la prime à l’autoconsommation versée par l’État.
Combien de panneaux photovoltaïques pour une maison autonome ?
Les panneaux solaires d’une maison autonome doivent couvrir l’intégralité des besoins en électricité. Pour cela, il est important d’étudier avec précision les habitudes du ménage : consommation, nombre d’occupants, etc. Ces données vont permettre d’établir la puissance idéale des panneaux solaires.
Seul un professionnel saura vous aiguiller vers la situation la plus rentable.
L’autre moyen de produire sa propre électricité est d’installer une éolienne. Il faut néanmoins se situer dans une zone suffisamment exposée au vent. Comparativement aux panneaux solaires, l’éolienne reste plus chère et moins fiable quant à la production électrique puisqu’elle est tributaire du vent, qui demeure imprévisible.
Le chauffage dans une maison autonome
De nombreuses solutions existent pour chauffer votre maison autonome :
- chaudière à bois ;
- chaudière à pellets ;
- poêle à bois ;
- poêle à granulés ;
- chaudière à condensation ;
- pompe à chaleur ;
- panneaux solaires thermiques (ou hybrides).
Ces différentes solutions vous permettent de produire de la chaleur à partir d’énergies renouvelables et/ou inépuisables. Attention toutefois, les pompes à chaleur (PAC) et chaudières à condensation (exceptées celles au bois) consomment de l’électricité pour fonctionner. Comptez environ 30 % de consommation d’électricité dans le fonctionnement d’une PAC.
| Système | Avantages | Aides |
|---|---|---|
| Chaudière à
bois/pellets |
– Combustible peu coûteux
– Alimentation automatique (pellets) |
– TVA taux réduit
– Primes CEE – MaPrimeRenov’ – Éco-prêt à taux 0 – Prêt avance rénovation – Aides locales |
| Poêle à
bois/pellets |
– Combustible peu coûteux
– Plus abordable financièrement qu’une chaudière à bois – Rendement élevé |
– TVA taux réduit
– Primes CEE – MaPrimeRenov’ – Éco-prêt à taux 0 – Aides locales |
| Chaudière à
condensation |
– Bon rapport qualité/prix
– Performante – Peu encombrante |
– TVA taux réduit
– Primes CEE – MaPrimeRenov’ (fin au 31/12/2022) – Éco-prêt à taux 0 – Aides locales |
| Pompe à
chaleur |
– Système simple
– Peu coûteux – Excellent rendement |
– TVA taux réduit
– Primes CEE – MaPrimeRenov’ – Éco-prêt à taux 0 – Aides locales |
| Panneau solaire
thermique |
– Excellent rendement
– Silencieux – Entretien réduit |
– TVA taux réduit
– Primes CEE – MaPrimeRenov’ – Éco-prêt à taux 0 – Aides locales |
Maison autosuffisante : approvisionnement en eau potable et gestion des eaux usées
L’accès à une source d’eau potable est un élément fondamental de toute habitation autonome. Pour garantir cette autonomie en eau, plusieurs solutions s’offrent aux propriétaires, dont
- la récupération des eaux de pluie ;
- le forage d’un puits ;
- une combinaison de ces deux systèmes.
La récupération des eaux de pluie consiste à collecter et stocker l’eau provenant des précipitations pour une utilisation ultérieure. Elle nécessite la mise en place d’un système de collecte comprenant des gouttières et des conduits pour diriger l’eau vers un réservoir. Ce dernier doit être conçu pour prévenir la contamination et la prolifération bactérienne. Les eaux de pluie collectées peuvent ensuite être traitées et purifiées pour être rendues potables.
Le forage d’un puits est une alternative courante, particulièrement dans les zones rurales. Il consiste à creuser un trou profond dans le sol pour accéder à la nappe phréatique ou à une source d’eau souterraine. Cependant, il est essentiel de s’assurer que la qualité de l’eau prélevée est conforme aux normes sanitaires.
Outre la gestion en approvisionnement en eau, la question de l’assainissement devient un élément essentiel pour assurer l’autonomie d’une maison. Il englobe le traitement écologique et sécurisé des eaux usées. Différentes solutions pour ce faire existent à ce jour, tels que des systèmes de filtration et de traitement à l’utilisation de toilettes sèches.
Pour garantir un assainissement efficace tout en réduisant au maximum l’impact environnemental, il est impératif de concevoir le système avec réflexion et d’opter pour une technologie appropriée.
Solutions deux-en-un pour les maisons autonomes
Il existe plusieurs moyens de produire de la chaleur à partir des énergies renouvelables. Les panneaux solaires hybrides (photovoltaïque + thermique) se présentent comme une solution efficace pour coupler la production d’électricité avec la production de chaleur.
Ces installations ressemblent à des panneaux solaires classiques. Leur particularité est de comporter un système de récupération de la chaleur dégagée par les panneaux solaires. Cette chaleur sert ensuite à chauffer l’eau sanitaire ou l’air ambiant. Il s’agit d’une solution idéale qui permet de gérer la production d’électricité et le chauffage.
Quels matériaux utiliser pour la construction d’une maison passive ?
Outre l’installation d’équipements conçus pour tirer parti des énergies renouvelables, comme les panneaux solaires photovoltaïques, la maison passive repose sur un modèle de construction bien spécifique.
En effet, la construction d’une maison passive nécessite l’utilisation de matériaux conçus pour offrir une isolation thermique, une ventilation et une étanchéité exceptionnelles. Ces matériaux et techniques de construction permettent d’assurer un environnement intérieur confortable tout en limitant les besoins énergétiques et les déperditions de chaleur.
Une isolation thermique élevée
Les matériaux d’isolation de haute qualité sont essentiels pour réduire les pertes de chaleur. Les composants couramment utilisés comprennent :
- la laine de roche ;
- la laine de verre ;
- la ouate de cellulose ;
- le liège.
Veillez à ce que l’isolation soit bien installée de manière continue et sans ponts thermiques (murs, combles et sol).
L’étanchéité à l’air est primordiale pour éviter les infiltrations d’air indésirables. Ainsi, il est nécessaire de bien sceller toutes les zones à risque, comme les joints, les fenêtres, les portes, les raccordements de toiture, etc.
Des matériaux de construction à faible empreinte carbone
Dans une maison passive, le recours à des matériaux de construction durables et à faible empreinte carbone a une grande importance. La structure, par exemple, est souvent réalisée en bois, un matériau renouvelable couramment employé. De plus, l’utilisation de matériaux locaux et recyclés est privilégiée, parmi lesquels on trouve
- le béton cellulaire ;
- le béton de chanvre ;
- la brique en terre cuite.
La labellisation Bâtiment Passif (Passivhaus)
Cette certification atteste que le bâtiment respecte les normes strictes de construction passive, garantissant ainsi la réalisation des performances énergétiques attendues. Elle se focalise sur des composants essentiels du bâtiment, tels que l’isolation, les fenêtres, la ventilation, les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air.
Maison autonome : avantages et inconvénients
Les avantages d’une maison autonome
En plus d’investir dans une habitation en totale autonomie, la maison autosuffisante cumule plusieurs avantages :
- en premier lieu, habiter une maison autonome réduit fortement votre empreinte environnementale — même si la construction des équipements et la construction de la maison en elle-même sont loin d’être neutres en carbone ;
- dans un second temps, en choisissant de faire construire une habitation autonome, vous devenez entièrement ou presque entièrement indépendant des réseaux d’électricité, d’eau ou de gaz. En cas de panne générale ou de blackout par exemple, vous ne serez pas impacté ;
- autre avantage, la maison autonome vous évite d’avoir des démarches administratives concernant votre contrat d’électricité – cela peut compter si vous avez la phobie administrative ;
- enfin évidemment, vous n’aurez plus de facture d’électricité ou de gaz à payer tous les mois.
Les aides pour l’installation des panneaux solaires sont donc exclusivement réservées aux panneaux solaires thermiques :
| Aide | Chauffe-eau solaire | Équipements hybrides | Chauffage solaire (système solaire combiné) |
|---|---|---|---|
| MaPrimeRenov’ | Entre 2 000 et
4 000 € |
Entre 1 000 et
2 500 € |
Entre 4 000 et
10 000 € |
| Prime CEE | Entre 100 et 140 € | 130 € | Entre 2 500 et
5 000 € |
