L’Hexagone n’est certes pas le Texas et son sous-sol gorgé d’hydrocarbures, mais il dispose d’anciens gisements d’hydrocarbures, en région parisienne et dans le bassin aquitain notamment. Certains d’entre eux seront mis à contribution pour le stockage souterrain de CO2 émis par nos industries.
800 millions de tonnes de CO2
Selon le ministère, “le potentiel sur les concessions existantes d’hydrocarbures au niveau national est estimé aux alentours de 800 millions de tonnes de CO2“, de quoi couvrir “50 ans des besoins de stockage de CO2 de l’industrie française“. Le captage et le stockage de carbone font partie des solutions vues comme nécessaires par les experts pour contenir le réchauffement de la planète, à condition de n’être pas utilisés comme un permis de continuer à polluer.
“Il faut vraiment que ce soit des processus sans alternatives de décarbonation qui soient concernés“, souligne Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat.

La France, plutôt frileuse jusqu’à présent sur ce sujet, avait dévoilé en juillet dernier la stratégie de “captage, stockage et utilisation du CO2”. Les premiers tests ne sont pas destinés au carbone capté dans l’air ambiant, mais à du CO2 qui sera récupéré directement en sortie d’usine ou de cheminées avant qu’il ne pollue l’atmosphère.
Celui-ci sera ensuite acheminé vers les sites identifiés pour être enfoui de manière permanente dans le sous-sol. Selon des estimations, le potentiel de stockage des principaux gisements identifiés serait d’environ 65 millions de tonnes de CO2 dans le Bassin parisien, environ 200 millions de tonnes de CO2 dans le Bassin aquitain nord et environ 600 millions de tonnes dans le Piémont pyrénéen.

D’autres bassins sédimentaires ont été identifiés, mais il n’existe pas encore d’études suffisamment détaillées sur les capacités de stockage. Parmi eux, figurent le fossé rhénan (Alsace), le Bassin provençal (terre), le Bassin méditerranéen (mer) et le Bassin du Nord-Pas-de-Calais.
L’enveloppe pour accompagner les industriels dans cette transition est estimée à 50 milliards d’euros, dont 11 à 18 milliards rien que pour le programme CCUS. Si la solution semble prometteuse, une récente étude de l’Institut pour l’économie de l’énergie et l’analyse financière a montré que la plupart des grands projets de captage et de stockage du carbone n’ont jamais atteint leurs objectifs, soit en échouant, soit en capturant bien moins de CO2 que prévu.

