«Vivre en accord avec le XXIe siècle, c’est tenir compte d’un paquet de facteurs qui sont très instables», souligne d’emblée Jean-Sébastien Marsan, qui est à l’origine du guide pratique Se libérer par la déconsommation.

Repenser notre rapport au travail, à l’argent et à la consommation est devenu un impératif, alors que les taux d’intérêt demeurent élevés, que l’inflation galope toujours et que la crise climatique a des impacts de plus en plus évidents.

Devant ce portrait, «le mot “déconsommation”, qui est entré dans le Larousse en 2021, me semble tout à fait approprié», lance-t-il, au téléphone avec Le Soleil.

Une tendance qui consiste à consommer moins et à acheter mieux afin d’être plus résilient lors des imprévus.

«Déconsommer, ce n’est pas s’obliger à vivre une existence austère. Au contraire, c’est se donner du temps et de la marge de manœuvre financière pour profiter des plaisirs.»

De l’habitation à l’alimentation, en passant par les vacances, M. Marsan déroule, en quelques pages, 101 manières pour parvenir à une situation financière plus soutenable.

Sortir des sentiers battus

Peut-on se loger sans se ruiner? Comment limiter le nombre d’objets que l’on possède? Quelles sont les solutions de rechange à l’auto solo?

Remettre en question nos habitudes de A à Z est le point de départ de sa démarche. «On a quand même des choix. Il faut faire des efforts en allant au-delà de nos habitudes», indique-t-il.

Celui qui rédige des ouvrages de vulgarisation en a fait l’exercice. Il est arrivé à l’évidence «qu’il faut assumer certaines contradictions». Impossible d’appliquer ses 101 trucs à la lettre afin d’atteindre un idéal de déconsommation.

L’idée reste de revoir ses dépenses en visant d’abord des gestes simples, puis d’envisager un changement de perspective plus «radical».

Quelques astuces

  • Habitation : Être «moins gourmand» en superficie habitable, acheter une résidence à plusieurs et se tenir loin du marché immobilier lorsqu’il surchauffe.
  • Alimentation : Planifier ses repas pour éviter le gaspillage, éviter les mets préparés et opter pour les restaurants en de rares occasions.
  • Transport : Acheter un véhicule d’occasion, combiner les moyens de locomotion et miser sur la marche pour ses bienfaits.
  • Dépenses : Canaliser toute augmentation de salaire vers l’épargne, ne pas bouder les loisirs gratuits et réparer plutôt que jeter.

«La bonne dette, ça n’existe pas»

Un sondage mené auprès de 4800 répondants par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a révélé que 18 % de la population adulte québécoise rencontrait des difficultés à rembourser sa dette en 2022.

«Quand on s’endette pour consommer, l’argent travaille pour quelqu’un d’autre. Pas pour nous.»

—  Jean-Sébastien Marsan, auteur de Se libérer par la déconsommation

Ne pas improviser

«Quand on ne planifie rien, on improvise. On le laisse influencer par la publicité et les algorithmes. On fait des achats impulsifs. On s’endette et on perd le contrôle», observe l’auteur.

D’où l’importance d’avoir en ses mains un budget. Et de le respecter, précise-t-il.

Limiter le temps devant les écrans, se mettre à l’abri de l’influence de la publicité et noter l’argent qui entre dans son compte et en sort sont des pistes à suivre.

Publié par Marion

Fondatrice du blog - Solutions Alternatives