Feu par friction
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Outils Pour Faire Du Feu Partout

Les techniques de production de feu par friction consistent à utiliser l’échauffement produit par le frottement de deux éléments en bois. Le phénomène d’allumage peut se décomposer en deux temps :

  • dans un premier temps, la sciure produite par le frottement va s’accumuler près du point de friction. Elle est, à ce stade, carbonisée mais non encore embrasée.
  • dans un deuxième temps, l’augmentation de température au sein de la sciure permet la naissance d’une petite braise de sciure (embrasement par source de chaleur proche).

Cette petite braise de sciure de bois pourra enflammer un combustible fin, comme de la paille, de l’herbe séchée, des feuilles, des aiguilles de conifères sèches ou de l’amadou, à la condition d’un apport suffisant d’oxygène par ventilation buccale ou manuelle. Une fois le combustible primaire embrasé, il est possible d’utiliser du petit-bois pour obtenir une flamme importante. Le gros bois sera rajouté après, l’essentiel étant de faire croître le feu progressivement, sans l’épuiser tout de suite sur une bûche qui prendra feu difficilement.

Le frottement peut s’exercer de différentes façons : sciage d’une planchette aménagée avec une autre planchette ou une baguette, friction longitudinale oblique d’une baguette sur un socle à rainure (méthode « du bâton et de la rainure » appelée aussi « charrue à feu »), giration (forage d’une planchette aménagée par une baguette taillée en pointe). Dans ce dernier cas, il est possible de faciliter le mouvement de rotation en utilisant un « arc-à-feu » ou « archet à feu ».

L’élément mobile doit pouvoir aller et venir rapidement sans sortir de la cavité aménagée dans le bois fixe. L’archet facilite l’obtention du feu. Il a été utilisé chez les Premières Nations, en Égypte antique, en Australie… Le principe de l’archet a également été utilisé pour réaliser des outils à percer en contexte pré-industriel.

Pour qu’il y ait une étincelle, il faut percuter tangentiellement un sulfure de fer, comme la marcassite (ou la pyrite), à l’aide d’une pierre dure (comme du silex, du quartz, du granite ou même un autre nodule de sulfure de fer). Les particules arrachées au sulfure de fer s’oxydent immédiatement dans l’air (réaction d’oxydation exothermique) générant des étincelles particulaires, incandescentes, dont la durée de combustion est suffisamment longue pour qu’on puisse les récupérer sur une matière combustible fine11. Une étude publiée en 2018, basée sur l’étude tracéologique de bifaces moustériens et sur des résultats expérimentaux, a montré que certains bifaces ont pu être utilisés ponctuellement par les Néandertaliens comme pierres à briquet pour produire du feu.

Contrairement à une idée encore répandue, le choc de deux silex ne permet pas d’allumer un feu car les étincelles produites ne sont qu’une simple émission de lumière due à la contrainte exercée sur les micro-cristaux de quartz qui forment le silex. Il s’agit d’un phénomène nommé triboluminescence, que l’on peut observer également en frottant deux morceaux de sucre dans l’obscurité. Le silex est formé de silice, qui est un oxyde de silicium et ne peut donc pas réagir chimiquement avec le dioxygène de l’air. Comme il n’y a alors pas de matière incandescente arrachée, aucun feu ne peut être allumé ainsi malgré les fugaces étincelles obtenues.

Une pile d’allumettes

L’invention des allumettes actuelles date du xixe siècle, mais le mot « allumette » date des environs de l’an 1200. Il désignait alors une petite bûche destinée à faire prendre le feu.

À partir du xvie siècle, une allumette est un petit bâtonnet enduit de soufre à une extrémité. Cela permet de produire une flamme rapidement avec un petit morceau d’amadou incandescent. Ainsi, les allumettes actuelles qui permettent d’obtenir une flamme en un seul geste ont été appelées « allumettes chimiques » au xixe siècle quand elles sont apparues, par opposition avec les allumettes soufrées qui existaient déjà depuis longtemps.

L’allumoir est un ancêtre du briquet. Ce dernier contient une réserve de combustible sous forme de gaz, qui permet de maintenir une flamme une fois que des étincelles ont été fournies par la pierre à briquet.

Un arc électrique peut être utilisé pour enflammer un gaz inflammable, tel que le gaz de ville ou le mélange oxy-acétylène employé pour les chalumeaux. Cette technique est utilisée couramment pour allumer les gazinières ou les briquets dits électroniques, l’arc électrique étant produit par un cristal piézoélectrique.

Un courant électrique dans une résistance peut produire une température suffisante pour allumer directement ou indirectement du feu. Cet effet thermique est appelé l’effet Joule. L’application la plus courante de ce procédé est l’allume-cigare. De la même manière, il est possible d’allumer un barbecue avec un décapeur thermique. On utilise aussi ce procédé pour allumer des procédés pyrotechniques dont certains ont besoin de températures supérieures à une flamme normale pour démarrer.

Marion

Fondatrice du blog - Solutions Alternatives

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