Consommer moins et vivre autrement

Les Placements En Période D’inflation

LES LIVRETS

Le livret A, le placement préféré des Français a atteint des records de collecte pendant la crise sanitaire du Covid-19.

Le premier réflexe, sans doute de bon sens est de se tourner vers les livrets. Le fameux livret A bien sûr, mais aussi le LDDS (livret de développement durable et solidaire) et pour ceux qui y ont droit le LEP (livret d’épargne populaire).

Certes, en termes de rendement réel, autrement dit, une fois l’inflation déduite, l’épargnant qui investit sur les livrets réglementés n’est pas vraiment gagnant.

Mais ces outils restent précieux car ils cumulent nombre de qualités : exonérés d’impôts mais aussi des 17,2 % de prélèvements sociaux qui pèsent sur les autres produits d’épargne, ils sont aussi sûrs et liquides. Le piège, même si les versements sur ce type de produits sont plafonnés serait de consacrer la totalité de son épargne à ce type de placements. Ces filets de sécurité doivent être dédiés aux liquidités, représenter une poche destinée à financer les frais générés par les aléas ou accidents de la vie ou une dépense imprévue.

Les atouts des livrets bancaires

Dans certains cas en revanche, les plafonds de ces livrets vont s’avérer insuffisants pour accueillir une épargne en attente de réinvestissement. Les solutions se trouvent du côté des livrets bancaires, qui eux, ne sont pas exonérés d’impôts et prélèvements sociaux.

L’IMMOBILIER

Valeur refuge par excellence, l'immobilier offre a priori une bonne protection en période inflationniste.

Valeur refuge par excellence, l’immobilier offre a priori une bonne protection en période inflationniste. La raison ? Les loyers sont indexés sur l’inflation… dans une certaine limite. Outre les dispositifs existants , notre ministre des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé un plafonnement exceptionnel de la hausse annuelle, un « bouclier » pour protéger des locataires de la flambée des prix provoquée par l’indexation telle qu’elle existe aujourd’hui.

Le repli sur l’immobilier est probablement une bonne formule pour les acquéreurs à la recherche d’une résidence principale. 

Pour les investisseurs, le contexte est plus incertain . Certes, ils pourront – dans une certaine mesure – augmenter les loyers au gré de l’inflation, mais il faudra rester en phase avec la demande et le pouvoir d’achat des ménages.

Et surtout, il ne faut pas oublier que hausse des taux et valorisation du patrimoine immobilier ne font pas bon ménage. Le resserrement des conditions de crédit provoque généralement une correction des prix de l’immobilier. Le potentiel de plus-value ne disparaît pas mais il est reporté sur le très long terme.

Pour un acquéreur de résidence principale l’inconvénient est mineur car le logement a un coût. Non seulement il va économiser son loyer mais il va se constituer un capital en remboursant ses mensualités.

Certes, en période de hausse des taux, il peut être plus rentable de continuer à louer et de placer les sommes économisées par le différentiel entre le loyer et les mensualités de crédit en produits de taux. 

Mais l’expérience prouve que les épargnants se tiennent rarement à cette discipline. L’argent qui n’est pas consacré au remboursement d’un crédit est plus souvent dépensé que consacré à une épargne long terme.

LA BOURSE

Les marchés aussi font grise mine face à l’inflation et a fortiori face à son corollaire, la hausse des taux. Si, pour l’instant, les salaires n’ont pas encore réellement entamé la logique remontée face à un coût de la vie de plus en plus élevé, les entreprises subissent durement le renchérissement du coût des matières premières. Face à cet écueil, reste à se replier sur les sociétés disposant du « pricing power ». Autrement dit celles dont la marque est suffisamment forte pour pouvoir imposer des hausses de prix aux consommateurs sans subir une dégradation des ventes.

L’OR ET LES MATIERES PREMIERES

L'or est considéré comme un refuge ultime face à toutes les crises et surtout face à l'inflation.
L’or est considéré comme un refuge ultime face à toutes les crises et surtout face à l’inflation.Pixfiction/Shutterstock

Refuge ultime face à toutes les crises et surtout face à l’inflation : l’or. Parfois dédaigné lorsque les marchés sont au beau fixe, il est régulièrement redécouvert par les épargnants lorsque les nuages s’accumulent et que la protection de son patrimoine redevient sa première motivation.

L’or a toujours su traverser les pires moments de l’histoire et si les conseillers en gestion de patrimoine préconisent généralement de ne pas excéder un pourcentage de métal jaune de plus de 5 % du portefeuille, certains conseillent d’augmenter largement la jauge jusqu’à 15 % voire 20 %.

Mais si l’or possède de nombreuses qualités, il n’est pas exempt de défauts. Le premier d’entre eux est de n’offrir aucun rendement. L’immobilier procure des loyers, les actions des dividendes, les obligations des coupons… L’or, lui, ne peut enrichir son propriétaire que par la progression de son cours.

C’est la raison pour laquelle il se montre sensible à l’évolution des taux d’intérêt. Lorsque les taux sans risques sont très bas, acheter de l’or et quasi aussi intéressant que faire un placement obligataire. En revanche, lorsque les taux grimpent, les investisseurs ont tendance à préférer les bons du Trésor. Ce qui est bien sûr néfaste pour les cours de l’or.

LES FORETS ET OEUVRES D’ART

Les actifs physiques sont aussi considérés comme des placements refuges en période de crise. Les forêts font désormais l’objet d’une attention renouvelée. Non seulement, comme tout actif réel, elles ont un côté très rassurant , mais surtout elles offrent un visage vert qui est très apprécié désormais par les épargnants .

Les bois et forêts ne sont pas des placements spéculatifs. Ils se valorisent lentement et offrent un rendement assez médiocre. Ils doivent plutôt être considérés comme une façon efficace de diversifier son patrimoine, ce qui est plus que jamais recommandé en période de crise.

LES CRYPTOACTIFS

Présentés comme des valeurs refuges alternatives à l’or ou au dollar, les cryptoactifs (voir encadré) n’ont pas tenu leurs promesses. La chute vertigineuse de la plupart des cryptos , dont l’emblématique bitcoin, a pris de court nombre de nouveaux investisseurs attirés par l’aspect à la fois très novateur et décentralisé de ce concept.

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Après cette purge, il est probable que les cryptos ayant réussi à surnager vont s’ancrer durablement dans le paysage financier. Des investisseurs estiment d’ailleurs raisonnable de revenir sur certaines cryptos redevenues très accessibles après avoir subi de spectaculaires chutes de cours.

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